J’ai sauté le pas…


Après des semaines à me dire que j’attendrais de vivre dans MON appart’ pour pouvoir faire ce que je veux, je n’ai finalement pas eu la patience d’attendre : Je suis dorénavant végétarienne.

Ça faisait déjà un moment qu’à chaque fois que j’avais la possibilité de faire mon repas que je n’incluais plus de viande. Je n’en ressentais ni le besoin, ni l’envie. La dernière semaine vacances d’Avril surtout, quand la famille est partie en Ecosse. Sans vraiment le faire « on purpose » (Volontairement), tous mes repas se faisaient sans que je n’y ajoute de la viande. Pourtant, je ne me considérais pas encore végétarienne à ce moment-là.
Le seul jour où j’ai eu la flemme de cuisiner, j’avais commencé à me servir dans le Biryani dans la grand-mère…sauf qu’à peine la première cuillère dans mon assiette que j’ai tout remis dans le saladier. Je ne sais pas pourquoi, la vue de la viande me faisait dire que j’allais être malade si je la mangeais. Le Biryani datait du déjeuné du midi et ayant été dans le frigo (j’y avais veillé…), la viande était saine. C’était juste l’idée « manger de la viande » qui me rendait pratiquement malade. D’ailleurs, depuis cet épisode, j’ai détesté l’enchilladas au poulet qui avait malencontreusement atterri dans mon assiette…Alors que j’adore les enchilladas.

C’est en discutant avec la Mum que « l’officialisation » s’est faite. Elle me demandait ce que j’avais mangé dans la semaine (elle est pire que ma mère...) et je lui aies répondu que j’avais mangé plein de trucs, mais pas de viande. Et finalement, quand elle m’a demandé si j’étais devenue définitivement végétarienne (je lui avais parlé plusieurs fois de cette envie), le « oui » est un peu sorti de ma bouche automatiquement.

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Je crois que le livre de Jonathan Safran Foer, « Faut-il manger les animaux ? » est ce qui a déclenché le mouvement final. Le livre n’est pas une apologie au végétarisme, mais il est très cru.
Toute mon enfance, jusqu’à mes 18 ans, je ne me suis jamais posée de questions, jamais remis en question le fait que j’étais carnivore. Les poulets, canards, lapins et parfois même cailles qui s’invitaient dans mon assiette venaient tous de chez moi. Sans avoir une ferme, il y a un petit poulailler au fond du jardin familial, rien d’énorme mais suffisant pour subvenir au besoin de notre petite famille. Et le bœuf venait principalement de la ferme où avait grandi mon père. Donc inconsciemment, je savais d’où venait la viande, je savais comment était traité les animaux. Mon père s’en est toujours bien occupé. Limite s’il ne leur fait pas un câlin et raccourci ses vacances pour pouvoir s’en occuper lui-même (l’année où je n’ai pas pu partir avec mes parents en vacances, il m’appelait pour savoir si tout son petit monde allait bien, et si je les nourrissais bien…).
Puis, j’ai eu mon propre appart’. Je ne me suis pas poser beaucoup plus de questions, j’ai surtout fermé beaucoup plus les yeux. J’étais sincèrement impressionnée qu’une de mes camarades de classe soit végétarienne. Mal renseignée sur la chose, je trouvais ça super courageux.

 

Et puis, je suis arrivée en Angleterre. La première année, je n’ai rien eu à dire. Je crois que j’essayais surtout de m’intégré à la culture anglaise. Pourtant, ça commençait déjà à me titiller. Et cette année, j’ai gagné du poil de la bête (hahaha…pardon), et voir le poulet se détacher de la broche après à peine dix minutes dans le four m’a quelque peu interpelé (avec le poulet de mon papa, il faut presque être deux pour enlever la broche une fois que le poulet est cuit…).
Je me suis renseignée et me suis rendu compte qu’être végétarien, ce n’était pas si compliqué. C’était même bon pour la santé. En voyant le livre de Safran Foer revenir régulièrement sur les blogs où je me renseignais, je me suis dis que j’allais moi aussi le lire.
Et je suis tombée sur le cul (pardon pour la vulgarité, j’essaie de me retenir, habituellement). Il met le doigt sur ce qui me dérangeait depuis des mois : Je fermais complètement les yeux sur la maltraitance infligé aux animaux d’élevages (et encore en France, c’est un peu moins pire qu’aux Etats-Unis). Je sais que 95% des gens ne savent pas exactement ce qu’ils s’y passent, dans ces élevages, et je n’en veux à personne de ne pas chercher à savoir. Mais je m’en veux à moi-même, et terriblement, parce que moi, je sais comment ils vivent. J’ai eu l’exemple humain de mon père, mais j’ai aussi eu le droit à la cruelle réalité des élevages industriels. Or 98% de la viande qu’on achète vient de là.
J’ai vu pu voir trois élevages industriels différents (Lapins, poules et cochons). Et dans les trois, les animaux sont enfermés dans des cages presque plus petits qu’eux. Dans les trois, on les bourre de médicaments parce qu’ils n’ont plus de défenses immunitaires. J’ai même assisté à l’insémination d’une truie (elle était chouette ma vie, quand je faisais du ciné) parce que nombre de ces animaux ne peuvent même plus se reproduire par eux-même (en plus, ils n’ont pas la place pour faire crac-crac, quand ils en ont encore la capacité, ce qui est de moins en moins souvent).
Et si je n’ai rien vu de ça, les cas de maltraitance sont communs (en même temps, si les « élèveurs » que j’ai vu battent leurs animaux, ils n’ont pas été assez idiots pour le faire devant la caméra).

Je ne cherche à convertir personne. A vrai dire, je suis trop en colère contre moi-même pour ça. Avoir assisté à ça et faire comme si je n’avais rien vu. J’ai donc arrêté la viande parce que je trouve inadmissible les conditions de vie des animaux. Je sais que les poules pondeuses et les vaches ne vivent pas de meilleures conditions, mais je n’ai pas l’intention d’arrêter ces produits tout de suite. Je vais en réduire ma consommation, par contre. Et changer le lait que je bois la matin par du lait végétal, quand j’aurais un appart’ à moi. Je n’arrive pas à convaincre les enfants d’essayer un autre lait…
Mais je ne ai pas changer de régime alimentaire que à cause de ça.
Manger trop de viande est mauvais pour la santé. On ne devrait en manger qu’une ou deux fois par semaine. Je connais certaines personnes qui en mange trois fois par jour (oui, même au petit-déjeuné). On mange donc trop de viande et je suis sûre que ça apporte plus de problèmes qu’autre chose (et ça génère les élevages industriels, en plus…). Du coup, j’ai arrêté pour avoir une meilleure hygiène de vie, comme on dit. Peut-être que mes maux de tête impromptus vont s’arrêter (c’est beau de rêver).

L’avantage d’avoir un blog où je parle de plein de trucs, c’est que ça m’oblige un peu à m’y tenir. Pas que j’avais envie de déjà arrêter, de toute façon….

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Un commentaire contre un peu de soleil Irlandais ?

0 commentaires sur “J’ai sauté le pas…

  • ker mary

    je comprends ton envie et même si je ne suis pas une accro à la viande je ne me sens pas capable de passer au vegetarisme (bon le fait que je fasse le repas pour un homme et 2 enfants joue relativement dans la balance).Du coup j’opte plus pour le bio nettement plus cher mais un gage de qualité et de respect des animaux (enfin je pense quel est ton avis?)

    • LadySo Auteur du billet

      J’avoue que sans être accro, il y a quand même des trucs qui vont me manquer. Et je comprend que quand on n’est pas tout seul, ça n’aide pas.
      Apparemment, le bio n’est finalement pas si déterminant que ça. Ce n’est pas la même chose que dans les élevages industriels, il y a quand même beaucoup plus de respect, et la qualité est effectivement meilleure. Mais il peut y avoir quelques couacs. Mais la France est bien mieux lotie que les USA. Il y a moins de dérives. En fait, pour être sûr, il faudrait acheter sa viande directement en ferme, et ce n’est pas toujours possible. Sans être parfait, le bio est la meilleure alternative.

    • LadySo Auteur du billet

      Si j’avais accès à une ferme où je sais que les animaux ont été bien traité, ça ne me dérangerait pas. Mais à Londres, c’est dur de trouver une ferme. Je ne rejette pas l’idée de reprendre la consommation d’animaux si je trouve ce genre de ferme.
      Merci, en tout cas. Ça me fait chaud au cœur d’avoir du soutien.