Ma recherche de Coloc (épisode 1)


Dès que j’ai su que j’avais le boulot, j’ai commencé à chercher un appart (en vrai, j’ai attendu le lendemain, mais vu qu’ils m’avaient appelé à 18h30, ça fait pareil). J’ai d’abord fais une double recherche : En coloc et en appart seule. Après deux ans à vivre en famille d’accueil, un peu de tranquillité ne serait pas de refus. Seulement, l’un comme l’autre ne donnait guère de signe de progrès. En désespoir de cause (mais surtout parce que c’était le plus économique pour moi), j’ai fini par me décider sur uniquement la coloc.

Je me retrouve d’abord avec seulement deux réponses. Un peu désabusée, je me suis dis qu’au moins, la décision ne serait pas trop difficile. Mais finalement, trois autres visites se greffent, avec en plus, deux autres propositions mais avec rien de concret pour celles-ci (ils sont d’accord pour me faire visiter, mais ne me donne aucune date, ni horaires. Il y a limite même pas de bonjour et merci ou m**de).

La veille de mon arrivée, une des visites est annulée parce que la chambre a été loué (elle n’a pas été longtemps à louer. Les visites commençaient le jeudi matin, le jeudi soir j’avais le mail…). J’ai vaguement une autre visite pour la même coloc, car une autre chambre se libère plus tard, mais dans cette coloc, ils font visiter quand le locataire est déjà parti. Et surtout, cette visite n’est que vague car je n’ai pas eu de réponse…

Bref, le jour même de mon arrivée, le vendredi, j’avais réussi à me caler deux visites, avec les deux premiers que j’avais contacté. Et on ne peut pas dire que ces visites m’aient franchement emballée.

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C’était moi, intérieurement…

Coloc1 se trouve déjà assez loin du centre, que ce soit à pied ou en bus (et le bus coûte trois bras, d’après ce qu’on m’a dit). Même s’il y a tout ce qu’il faut à côté, apparemment, j’ai toujours été habitué à vivre à quelques minutes à pied seulement du centre (bon, à part quand j’étais à Rennes, mais le bus ne coûtait pas trois bras…seulement trois doigts). A Marlow et à Londres non plus, je n’étais pas proche du centre comme ça, mais ça ne m’a jamais dérangé parce que un : ce n’était pas chez moi, et deux : je savais pertinemment que ça serait temporaire. Là, je ne sais pas pour combien je serais en coloc et ne pas être proche du centre à pied, ça me gène. De plus, la maison est vieille. Pas niveau “physique”, mais plutôt dans “l’âme” (oui, il m’arrive à avoir une âme de poète). J’avais l’impression d’être chez ma grand-mère paternelle, qui avait 90 et quelques années la dernière fois que je l’ai vu. Et en plus, il y a une femme de ménage, qui vient d’ailleurs le vendredi apparemment, et pourtant, le sol de la cuisine collait sous mes chaussures…Enfin, l’atmosphère n’était vraiment pas fraiche, vraiment très vieillotte. Le propriétaire n’est pas tout jeune non plus, et il vit dans la maison, ça explique peut-être le pourquoi du comment (enfin, il est plus jeune que ma grand-mère maternelle et je n’ai pas cette impression chez elle).

D’ailleurs, parlons un peu du proprio. Il était vraiment très gentil, très avenant et tout. Mais voila, non, ça ne me va pas ça. Il m’a parlé de ses voisins qui ont 70-80 ans, qu’il avait fait installé des fenêtres qui ne s’ouvrait qu’à moitié pour que “les filles” soient en sécurité (il n’a bien parlé que des filles…), m’a raconté au moins une dizaine d’anecdotes sur ses anciens locataires (il m’a tenu le crachoir pendant une bonne heure avec ça), me disait à quel point le quartier et les gens étaient respectable et tout et tout. Il a même attendu avec moi que le mec de Coloc2 arrive avant de me laisser partir. Je ne suis pas féministe, mais j’apprécie que très moyennement qu’on me fasse ça. J’avais eu des centaines d’occasions de me faire attaquer juste entre le matin et le moment où je l’ai rencontré (je suis montée dans un taxi deux fois, alors que je n’aime pas les taxis…merci Sherlock pour cette appréhension) et je me suis quand même débrouillée seule pour venir jusqu’à Cork (et il y a plein d’autres trucs où je me suis débrouillée seule, d’ailleurs). Bref, ce côté protecteur des faibles femmes, ça me sort par les yeux. En plus, il ne l’a pas dit clairement, mais dans sa façon de parler, il était plus ou moins raciste et homophobe et ça, ça passe encore moins. Il m’a dit, je cite : “Il y a encore une dizaine d’année, on ne voyait pas tant d’Indiens”.  Il m’a dit ça alors qu’on a vu passé un couple de personnes un peu bronzé. Si ça se trouve, ils auraient très bien pu être Brésiliens, ou même simplement anglais. Le Commonwealth n’était pas exactement dans son jardin. En plus, il n’arrêtait pas de me survendre sa coloc, à quel point elle était chouette, cosmopolite (il ne m’a cité que des pays d’Europe, avec seulement un indien qui n’est pas resté plus de trois semaines…), sécurisé et tout le tatouin. Sauf que moi, plus on me vend un truc, moins je le veux…C’est bien pour ça que je n’ai pas ramené grand chose de Turquie. Je me sens attaquée comme pas possible et ça, je déteste aussi.

J’ai beaucoup ris aimé la partie où il essayait de me convaincre que sa coloc était vachement près de Apple… Je suis peut-être bonne poire, mais il ne faut pas me prendre pour une cruche non plus. Je ne suis pas arrivée sur Cork sans me renseigner (même si je prétends le contraire…Ah, je suis vilaine). Et sur toutes les colocs que je devais visiter, il était bien le plus loin. Une heure (au moins) de bus et 30 minutes de vélo (parce que je prévoie d’acheter un vélo)(oui, parce que les jours où il pleut, je prendrais le bus, pas le vélo…), alors que pour toutes les autres colocs, c’est 20 minutes de vélo et 30 minutes de bus. Vous me direz, pour le vélo, ça ne change pas grand chose. Mais Apple est sur une colline (comme l’indique le nom de l’adresse : Hill, c’est colline en anglais) et quand on doit se taper une montée tous les jours, 10 minutes de moins feront vachement la différence (bien que j’aime bien les montées. Je me mets en mode Thomas Vœckler…Je vous aies dis que je regardais le Tour de France ? )

Mais surtout, le vraiment très gros bémol (comme s’il n’y en avait pas assez avant…), c’est que les chambres, elles ne sont pas individuelles. Il a deux lits par chambre, et ça, ça ne passe pas. Pour quelque chose de courte durée, comme passer quelques semaines en auberge de jeunesse, ok, mais pour un truc d’un an, voire plus, non, ça ne le fera pas du tout. Surtout que ses locataires ne restent que pour quelques semaines, généralement, juste le temps d’un trimestre, et devoir partager tout le temps son intimité avec une seule et même personne qu’on ne connait pas, ça ne le fait déjà pas, mais si en plus, c’est un nouveau locataire tout les quatre matins, non.

Bref, je ne lui aies pas dis directement (parce que je suis lâche et que je n’aime pas blesser les gens), mais c’était déjà non direct, même si je prenais le risque de rester plus longtemps en auberge de jeunesse le temps de trouver.

C'est un peu ce que je faisais, toujours dans ma tête (©Zeurel)

C’est un peu ce que je faisais, toujours dans ma tête (©Zeurel)

Passons à Coloc2 (il en a pris une tartine, Coloc1). Déjà, c’était nettement mieux placé. En plus, c’est un appart avec deux chambres, le proprio et le coloc, donc pas de passage ou de changement à tout moment. Et en plus, c’est moins cher (ah oui, j’ai oublié de préciser. Malgré tout son blabla comme quoi tout était compris dans son prix, les autres coloc sont moins chères, même lorsque les charges ne sont pas incluses et qu’il faut payer à côté. Il y avait toujours 30 à 50 euros de moins…) et même s’il fallait marcher un peu (20 minutes quand même), le bus allant à Apple était nettement plus près. Sauf que voila, là encore, quelque chose ne passe pas. Déjà, l’appart n’était pas super bien rangé (je ne m’attendais pas un truc nickel chrome, mais que les poubelles soient toujours à trainer dans la cuisine et que le sol n’ait pas eu l’air d’avoir vu une serpillière depuis des mois, ça fait moyen) mais surtout, j’avais encore un problème avec le mec. Il a beau travailler à Apple, ça ne fait pas tout. Il avait lui aussi cet espèce d’instinct protecteur mal placé qui ne me va pas du tout. Il avait une quarantaine d’année aussi, et je crois que c’est ça qui n’allait pas. Je vais vivre au moins un an en coloc, alors j’aimerais avoir un minimum d’intérêt commun avec ceux avec qui je vais partager ma vie, et c’est compliqué quand le mec a 16 ans de plus (voire même plus). En plus, c’est le proprio et psychologiquement, ça n’aidera pas à se détendre.

Bref, la journée du vendredi ne s’est pas révélée super fructeuse, mais j’avais encore deux autres visites durant le weekend et rien qu’avec les photos que j’avais vu sur internet, elles m’attiraient déjà un peu plus (il faut dire aussi qu’elles criaient toutes les deux “le proprio n’habite pas là”).

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Un commentaire contre un peu de soleil Irlandais ?

0 commentaires sur “Ma recherche de Coloc (épisode 1)

    • LadySo Auteur du billet

      C’est vrai que ça ferait super bizarre. Il aurait presque l’âge d’être mon père, en fait…l’un comme l’autre ont été éliminé dès le premier jour, de toute façon.
      Merci 🙂

  • verolafee

    Allez… tes recherches ne font que commencer. Je te souhaite de trouver rapidement ce qui te permettra de bien démarrer ton aventure irlandaise ! Ne dit-on pas  » Home, sweet home »? La raison à cela? c’est qu’on n’est jamais mieux que chez soi. Alors…. vivement ton nid douillet.

  • Linda.

    C’est sur que vivre toute seule avec le proprio ça doit être un peu bizarre… C’est pas l’image que je me fais d’une coloc’ en tout cas :p Et puis l’autre avec son délire des fenêtres à demi-ouvertes ou à demi-fermées (choisissez ce qui vous plaît) et ben je vois pas l’intérêt.. Pressée de lire la suite des aventures!

    ps: j’essaie de répondre à ton mail ce soir! Et stresse pas trop pour demain. ;D

    • LadySo Auteur du billet

      C’est vrai que vivre avec le proprio, ce n’est pas exactement l’idée qu’on s’en fait de la colocation. Je ne pense pas qu’on puisse appeler ça une coloc, finalement, mais plutôt de la sous-location d’une chambre qui ne sert à rien. Et puis l’autre qui pensait qu’il fallait absolument protéger « les filles ». Lui m’a vraiment énervé. En plus à essayer de me vendre son truc, comme quoi il était le moins cher, le mieux placé et je ne sais pas quoi d’autre encore. Il était vraiment chiant. Quand je lui aies envoyé un mail de refus, il m’a réécrit pour me demander si j’étais bien sûre de moi…Il a quand même fini par lâcher l’affaire.
      La suite arrive bientôt !!

      PS : Prend ton temps pour ton mail, je ne pourrais pas te répondre avant demain soir voire mardi.

    • LadySo Auteur du billet

      J’ai été très surprise par ce sexisme, je ne m’y attendais pas du tout. Surtout que j’ai eu cette impression qu’avec ce monsieur. Mais je suppose que j’aurais dû m’y attendre un peu.
      C’est quand même assez compliqué de trouver son bonheur. C’est un long process.
      Merci.

  • juliedjy

    Non mais attends, tu es de Rennes, où tu as juste habitée là-bas?! Dans tous les cas, j’en reviens pas de trouver encore quelqu’un qui a vécu dans cette ville… C’est ma ville ^^. Et pour les colocs, c’est comme pour les recherches d’appart, ça ne se fait pas en 2 ou 3 visites… Mais ça laisse des souvenirs, la preuve 😉

    • LadySo Auteur du billet

      Non, je ne suis pas tout à fait de Rennes. Je suis originaire d’une ville à une heure entre Rennes, Nantes et Angers.
      Mais j’y aie vécu 3 ans et j’adore découvrir des lectrices qui viennent de là-bas. Si je dois revenir vivre en France (je n’espère pas), c’est à Rennes que je retournerais. Si ça se trouve, on s’est déjà croisée 😀
      C’est sûr que ça laisse des souvenirs, chercher des colocs. Mais c’est chouette 😀